Habiter la Terre :
du battement de coeur à l’emportement du monde


Artistes présents :
Christian Boltanski, Céline Boyer, Gilles Clément, Pascal Colrat, Thierry Fontaine,
Ha Cha Youn, Mona Hatoum, Shigeko Hirakawa, Gary Hill, Jason Karaïndros, Kôichi Kurita,
Sébastien Laval, Claude Lévêque, Cristina Lucas,
AdrianPaci, Mathieu Pernot, Dominique Robin, Massinissa Selmani, Chiharu Shiota,
Kristina Solomoukha, Max Streicher, Barthélémy Toguo, Paul Virilio, Fang Wen.
Ainsi que la chorégraphe Claire Servant et l’écrivain François Bon.


Direction artistique :
Dominique Truco

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ci-dessus en pdf.

Après s’être tournée vers l’altérité, le mieux vivre ensemble, la relation à la nature, les enjeux environnementaux et les
nécessités écologiques, la biennale se construit en 2011 avec des artistes qui continuent de tisser des liens
entre le monde, l’histoire et les réalités de notre époque à travers notamment
les questions migratoires, les droits fondamentaux, le multiculturalisme.

Au travers de leurs oeuvres, à Melle, les artistes s’emparent des sujets essentiels
et existentiels qui surgissent d’une planète en crise, épuisée dans ses ressources
et proche de « l’épreuve de l’accident intégral (1) » selon le philosophe et urbaniste Paul Virilio.

Des artistes qui invitent à plus de solidarité, de fraternité et de justice à l’échelle de la planète.
Questions aujourd’hui majeures, car le monde bouge.
Selon un rapport publié en 2007 par une ONG britannique,
« on estime à un milliard le nombre de futurs migrants de l’environnement d’ici 2050 :
645 millions de personnes devraient se déplacer à cause de grands projets,
250 millions en raison de réchauffement climatique, d’inondation,
et 50 millions pour fuir les conflits engendrés par ces bouleversements. »

« La terre est ronde, elle est à tous, et tous s’y trouvent chez eux,
en quelques points qu’ils soient » soutenait le philosophe Emmanuel Kant il y a trois siècles
établissant le principe d’une « hospitalité universelle (2) ».

Qu’en est-il aujourd’hui ? « La terre est trop petite pour nous, répond Paul Virilio,
notre science l’a épuisée dans ses ressources, dans ses substances, dans sa biodiversité. »
La question de l’enracinement se voit reconsidérée. « Le sédentaire contemporain c’est celui qui est partout chez lui,
grâce aux portables, aux ordinateurs, et le nomade c’est celui qui est nulle part chez lui. C’est l’exilé de partout (3). »

Leurs oeuvres créées et exposées vont interroger – avec justesse, force et liberté –
les conditions de cette existence terrestre en commun, du battement de coeur à l’emportement du monde.

Habiter la Terre réunit 24 artistes français et internationaux. Comme lors des précédentes biennales, les projets artistiques
entrent en résonance avec les différents sites d’accueil, dans le patrimoine bâti, dans les jardins, chez les commerçants et
les partenaires socioculturels de la ville.

Dominique Truco


1- Paul Virilio, L’université du désastre, Galilée, 2007

2- Emmanuel Kant, Pour une paix universelle, 1795
3- Paul Virilio, L’administration de la peur,Conversation avec Bertrand Richard, Textuel, 2010


Logo:
 Barthélémy Toguo, Habiter la Terre, gravure sur bois,
50 x 60 cm, 2011.

Photo:
Barthélémy Toguo, New World Climax
Claude Lévêque, Hymne
Chiharu Shiota, Dialogue de l’ADN